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Saumon d'élevage, La Norvège alerte sur les produits toxiques contenus dans ce poisson gras

Saumon d'élevage, La Norvège alerte sur les produits toxiques contenus dans ce poisson gras

L'Autorité Norvégienne de sécurité sanitaire des aliments reconnait que son saumon d'élevage pourrait avoir un impact négatif sur notre santé. Ils conseillent de limiter la consommation de ce poisson gras qui serait riche en pesticides.

Un pesticide interdit en Europe mais autorisé en Norvège

Dès juin 2010, cette information conduit Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, à écrire à son homologue norvégienne : « Cette substance ne dispose pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) communautaire ou française en tant que médicament vétérinaire. Elle est réservée au traitement phytopharmaceutique de certaines espèces végétales et à la désinsectisation des bâtiments d’élevage. » Et de conclure : « Pour ces raisons, son administration aux poissons destinés à la consommation humaine n’est pas autorisée ». Le saumon norvégien traité au diflubenzuron ne devrait donc pas arriver dans les assiettes des consommateurs français.

Invitée à expliquer les conditions d’emploi de ce pesticide, la ministre norvégienne ne tarde pas à répondre. Dans un courrier du 23 juin 2010, Lisbeth Berg-Hansen dénonce des « informations fallacieuses ». Car si elle reconnaît l’utilisation de cette substance chimique dans les élevages norvégiens, elle assure qu’elle « est soumise à un strict contrôle vétérinaire » et que le pesticide a obtenu une autorisation nationale de mise sur le marché comme produit vétérinaire. Se voulant rassurante, elle précise qu’un délai de 100 jours est respecté entre l’administration du produit et la commercialisation. De quoi éviter le dépassement des limites maximales de résidus de pesticides dans la chair animale, assure-t-elle.

Toxique pour les poissons, cancérogène pour les humains

Faut-il, comme Bruno le Maire, se contenter de cette explication en assurant que « l’ensemble des conditions de sécurité » sont réunies ? L’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) a clairement établi en 2009 que le diflubenzuron est « hautement toxique pour les organismes aquatiques ». L’Agence de protection de l’environnement des États-Unis (EPA) confirme cette toxicité « pour les invertébrés aquatiques d’eau douce et les mollusques marins », affectant leur reproduction et leur croissance. Le mode d’emploi du diflubenzuron stipule précisément que ce pesticide est « dangereux pour l’environnement » et « très toxique pour les poissons ». Rien n’y fait : en Norvège, on continue d’en gaver les saumons.

Le rapport de l’ONG Green Warriors fait mention d’une autre étude de l’EPA. Elle montre que lorsqu’un mammifère ingère du diflubenzuron, une nouvelle substance (dite « 4-chloroaniline » ou « PCA ») peut se former dans son intestin et son estomac. Or, comme l’indique l’Agence américaine mais aussi l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris), la PCA comporte des effets cancérogènes pour l’homme et constitue un possible perturbateur endocrinien. Le diflubenzuron ne serait donc pas cancérigène en lui-même mais peut en revanche devenir, lorsqu’il est ingéré, une substance cancérigène. Cette substance serait également « très toxique par inhalation, ingestion ou pénétration par la peau », ajoute l’université d’Oxford.

D’après le docteur Anne-Lise Bjorke Monsen du laboratoire de biochimie clinique de Bergen, « les polluants retrouvés dans le saumon d’élevage ont une mauvaise influence sur le développement du cerveau, et sont associés à l’autisme, à l’hyperactivité et à la baisse de QI. » Femmes enceintes et nourrissons sont concernés par cette recommandation : « On sait aussi qu’ils (les polluants) peuvent avoir un effet négatif sur les défenses immunitaires, le système hormonal et le métabolisme. Ils se transmettent aussi par allaitement. Si l’on a besoin d’oméga-3 provenant du poisson, le maquereau et le hareng sont très bien », révèle le docteur Bjorke Monsen.

D'autres poissons gras d'élevage ne sont pas évoqués, mais ils subissent le même traitment que le saumon, tel les maquereaux, le thon, les sardines,...

Le saumon d’élevage écossais doit faire face à une recrudescence des poux de mer

Ces parasites ont obligés les éleveurs à augmenter leur utilisation de produits chimiques de 110% en quatre ans. Une utilisation qui se manifeste jusque dans nos assiettes. Selon l’Agence de protection de l’environnement écossais (Sepa), les élevages de saumon utilisent aujourd'hui 110% de produits chimiques de plus qu’il y a quatre ans alors qu’en parallèle la production de saumon a seulement augmenté de 22%. A l’origine de cette envolée, se trouve en fait la recrudescence des poux de mer, ces parasites qui s’attaquent aux saumons et se multiplient dans les fermes d’élevage.

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